Les célébrations de Pâques à Damas seront limitées aux messes à l'intérieur des églises, après des tensions dans une ville chrétienne du centre de la Syrie, a annoncé le 28 mars le patriarcat grec catholique d'Antioche.
"Au regard des circonstances, nous avons décidé, en coordination et en accord avec toutes les églises, que les célébrations de Pâques seront limitées cette année aux messes à l'intérieur des églises", a précisé le patriarcat dans un communiqué, le 28 mars.
Une décision prise au lendemain de tensions qui ont éclaté à Souqaylabiya, l'une des principales villes à majorité chrétienne du centre de la Syrie, entre des habitants et des hommes armés venus de villages voisins qui ont pris d'assaut la localité, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), et des habitants.
"Nous avons entendu des coups de feu la nuit dernière, et des gens crier "Allah Akbar !" (Dieu est le plus grand, ndlr) : nous sommes restés chez nous, craignant pour nos vies", a raconté à l'AFP Hassan, un habitant de 56 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.
"Nous sommes présents sur ces terres depuis des milliers d'années, et nous n'accepterons pas de partir", a-t-il ajouté.
Selon l'OSDH, "des hommes armés et masqués ont lancé une attaque depuis Qalaat al-Madiq et des villages voisins", vandalisant des bâtiments et "agressant des civils" dans cette ville proche de Hama.
Des habitants ont expliqué à l'AFP qu'une vingtaine de magasins avaient été vandalisés, et des voitures brûlées.
Des forces de sécurité sont intervenues pour disperser une "bagarre générale" à Souqaylabiya entre plusieurs jeunes hommes, et sont parvenues à rétablir le calme après avoir interpellé plusieurs personnes, a indiqué de son côté l'agence officielle Sana.
Une réunion entre des chefs de tribus et du village a confirmé que les incidents étaient liés à "une altercation isolée" qui a été maîtrisée, poursuit Sana.
Le même jour, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à Souqaylabiya, tenant des banderoles indiquant "Non aux armes incontrôlées" et "Oui à un Etat syrien incluant toutes ses composantes", ont rapporté des médias locaux.
Le patriarcat grec orthodoxe d'Antioche a lui condamné ces tensions dans un communiqué, et a demandé l'ouverture d'une enquête officielle.
Après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, les autorités islamistes se sont engagées à protéger les minorités, dont les chrétiens, mais les craintes de ces derniers se sont aggravées depuis un attentat suicide contre une église en juin dernier à Damas, qui a fait 25 morts.
Les violences communautaires, qui ont touché aussi d'autres groupes minoritaires comme les alaouites et les druzes, ont fait des milliers de morts en 2025, sapant la confiance dans les autorités.
La Rédaction avec (AFP)
Crédit Image : ShutterStock / ArtEvent ET